Daily Heroes : The Spirit bonjour, nous vous retrouvons avec plaisir dans une brève rétrospective de vos exploits au cinéma, qu’en pensez-vous?
The Spirit : Bonjour, en effet ça fait plaisir que l’on s’intéresse un peu à moi pour changer mais cette adaptation me laisse un léger goût amer. On dresse là un portrait de moi un peu gnan-gnan et sans grand intérêt, je suis donc un peu déçu.D.H. : Qu’entendez-vous par gnan-gnan?
T.S. : Voyez-vous quand Frank Miller m’a contacté pour me demander si j’étais d’accord pour que l’on fasse un portrait télévisuel de moi, j’étais assez honoré. Il me dit : « Ca va être un grand film d’aventure pleins d’actions, de filles, de suspense, d’effets à couper le souffle et tout, tu sais j’ai fait le scénario pour Robocop 2, Murphy (c’est le prénom de Robocop, ndlr) était très content, donc donne moi ton accord et on va tout faire péter » alors forcément j’ai dit OK, il avait des arguments de taille. Pour revenir à la question, je m’attendais donc à un truc énorme plein de bagarres et d’explosions mais il n’en est rien ou très peu, le film est plombé par des longueurs de dialogues d’une niaiserie ahurissante et d’un humour qui essaye d’être drôle mais qui ne l’est que très rarement.
D.H. : Vous pensez donc que le film est devenu malgré lui une comédie d’une certaine manière?
T.S. : C’est presque ça oui. Moi j’ai donné mon accord pour un thriller mais il y a eu un peu erreur sur la marchandise. On m’aurait dit « on va faire un cartoon t’es OK? » j’aurais compris mais là c’est de l’humour pas drôle. Alors forcément ça en devient drôle, on peut se moquer mais c’est pas vraiment l’image que j’aurais aimé que les gens aient de moi en sortant de la salle.
D.H. : Mis à part ce point dérangeant, que pensez-vous du casting?
T.S : Le casting est sympa, Gabriel Machtt n’est pas trop mal sous mes traits, bien que j’aie beaucoup plus de classe et que je sois vraiment beaucoup plus drôle que lui et Samuel L. Jackson est carrément déjanté pour le coup, on sent qu’il s’amuse bien. Il incarne mon ennemi le plus intime Octopus mais encore une fois ça sonne faux. En effet, j’ai rarement eu l’occasion de le voir en vrai, j’ai pour habitude de voir uniquement ses mains lorsque je l’affronte et jamais son visage. |
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On est au cinéma, j’imagine que Frank n’avait pas le choix. Pour ce qui est du casting féminin je suis aux anges. J’aurais bien aimé faire la doublure de Gabriel sur certaines scènes si vous voyez ce que je veux dire. Eva Mendes joue mon amour de toujours Sand Saref, avec classe et élégance et Scarlett Johansson incarne une Silk N. Floss de toute beauté, personnage que je ne connais que trop peu dans la vie mais qui a son importance ici. Sarah Paulson en Ellen Dolan est tout aussi remarquable elle s’occupe très bien de moi et de mes blessures et la relation entre son père et moi est très juste. Je lui suis redevable vous savez.D.H. : Et visuellement, vous pouvez nous dire deux mots sur le film?
T.S. : Trois mots alors! Ca sonne faux! Non mais sérieusement, vous croyez vraiment que ma cravate vole comme ça alors qu’il n’y a pas de vent? Tout le film est quasiment tourné sur fond vert, l’ambiance de la ville peu rassurante est formidable, Frank s’en sort très bien sur les plans fixes mais dès qu’il y a un peu d’animation ça ressemble à rien. Les scènes où je cours sur les toits sont grotesques, on a l’impression que je fais du surplace et certaines de mes cabrioles sont complètement inutiles. Certes, d’un point de vue général c’est très beau mais complètement sous-exploité à mon sens, Sin City (autre documentaire du même effet, ndlr) s’en sort nettement mieux.
D.H. : Un dernier mot sur votre identité secrète peut-être ?
T.S. : Bien, tout ceux qui iront voir cette « presque-biographie » de moi sauront que je m’appelle Denny Colt mais personne ne connaîtra réellement mon vrai visage. A vrai dire, ça n’a pas vraiment d’importance que l’on me reconnaisse ou pas puisque officiellement je suis mort et enterré et je reste un esprit qui protège la ville de Central City, invisible tant que possible, et aussi discret qu’une ombre.
D.H. : Merci pour cette interview exclusive est pleine d’amertume, on vous retrouvera peut-être dans une suite?
T.S. : C’est pas encore d’actualité et si cela devait se produire, j’espère que Frank ne sera pas autant impliqué dans le projet. J’espère aussi qu’on me laissera mettre un peu plus le nez dans le scénario ou du moins sur les dialogues. Sur ces mots, je vous quitte en vous remerciant, j’ai mes chats à nourrir. A bientôt. |